écrivains et littérature : biographies et notes de lecture
litterature et écrivains français et étrangers

 

 

Gustave FLAUBERT :

"Honnis soient les sujets simples! Si vous saviez combien je m'y torture, vous auriez pitié de moi." (Correspondance)

Flaubert

Biographie :

A l'Hôtel Dieu de Rouen, ce 12 décembre 1821, nait Gustave Flaubert, fils du chirurgien-chef de cet hôpital, Achille Cléophas Flaubert et de Justine-Caroline, née Fleuriot. L'enfant est fragile, il a un frère de huit ans son aîné et il aura une soeur qui naîtra en 1824.
Gustave grandit à Rouen et entre en 1832 au lycée où il s'ennuiera beaucoup, mais où il découvrira très tôt le bonheur d'écrire. Il rencontre Louis Bouilhet, futur poète parnassien, et lit Cervantès ou Shakespeare. Des voyages en Normandie ou dans Paris avec ses parents, le jeune Gustave déduit avec aplomb que "les hommes sont bêtes et le peuple borné".
En 1836 à lieu une rencontre qui marquera durablement et profondément Flaubert : sur la plage de Trouville, il rencontre Elisa Schlesinger, qui deviendra Marie Arnaux, dans L'Education sentimentale.
Gustave Flaubert, malgré la rencontre avec cette femme inaccessible, n'en continue pas moins de noircir des pages, et il sera publié en 1837 dans une petite revue rouennaise "Le Colibri »). C'est cette même année qu'il devient véritablement l'ami de quelqu'un qu'il connaît pourtant depuis plusieurs années : Alfred le Poittevin (la soeur d'Alfred, Laure Le poittevin, sera la mère de Guy de Maupassant, que Flaubert guidera bien des années après.)
Renvoyé de son lycée en 1839, Flaubert prépare seul son baccalauréat, qu'il obtiendra en août 1840. En récompense son père lui offre un voyage dans les Pyrénées et en Corse. C'est au cours de ce voyage qu'il rencontrera Eulalie Foucaud, propriétaire d'un hôtel à Marseille, avec laquelle il nouera une aventure qu'il gardera toujours en souvenir.
En 1842 et 1843, Flaubert s'ennuie à Paris, dans des études de droit qu'il néglige. De ce séjour à Paris, il retient pourtant deux rencontres, celles de Victor Hugo et Maxime du Camp. Mais, en janvier 1844 à lieu la première attaque de ce qu'il appellera le "mal divin" : l'épilepsie. Il se réfugie alors à Croisset, dans une maison de campagne que vient d'acheter son père sur les bords de la Seine, en Basse-Normandie. Là va commencer, puis se construire, son oeuvre.
En 1846, son père et sa soeur Caroline disparaissent. Gustave Flaubert prend alors en charge l'éducation de sa nièce, prénommée Caroline comme sa mère. C'est cette même année qu'il débute une liaison avec la poétesse Louise Colet. De ces amours épisodiques, souvent orageuses, naîtra une correspondance importante, qui éclaire les rapports de Flaubert aux femmes et à l'amour.
De 1846 à 1851, la vie de Flaubert se partage entre les voyages (Bretagne et Egypte) et la rédaction de La tentation de Saint Antoine. La lecture de ce roman faite devant ses amis Maxime Du Camp et Louis Bouilhet recevra un avis pour le moins péremptoire ; "Nous pensons qu'il faut jeter cela au feu et n'en jamais reparler..." L'effet de cette condamnation sans appel est sans aucun doute à l'origine des oeuvres parmi les plus belles de la littérature française : Flaubert va choisir un sujet de roman plus ancré dans le réel, et surtout il va contrôler ses envolées lyriques, ses phrases ampoulées, son style grandiloquent : il va devenir Flaubert !
En 1856, parait Madame Bovary. Flaubert vient d'y consacrer cinq longues années. Il a lutté phrase après phrase pour achever son oeuvre. Il livre un texte limpide, net, d'une qualité littéraire irréprochable... mais la sortie de l'oeuvre dans une revue (oeuvre pourtant censurée en partie par Maxime Du Camp) est aussitôt marquée par un procès pour "atteinte aux bonnes moeurs". Flaubert sortira acquitté de ce procès, mais supportera très mal de voir ensuite son livre connaître le succès pour de mauvaises raisons.
Il se réfugiera alors dans l'écriture de Salammbô, ou resurgiront des souvenirs de son voyage en Egypte et qu'il ravivera avec un voyage en Algérie et en Tunisie. Il mettra le point final à ce roman en 1862. Le succès de l’ouvrage conforte celui déjà obtenu par Madame Bovary, et Flaubert, qui fait de fréquentes visites à Paris, y rencontre dans les salons les frères Goncourt ou George Sand, Tourgueniev, Zola.
En 1864, Flaubert entreprend la rédaction de L'Education sentimentale, qui sera publiée en 1869. Mais cette même année décède Louis Bouilhet, l'ami fidèle, et Sainte-Beuve, à qui Flaubert destinait justement sa dernière oeuvre. Gustave Flaubert se dit "gorgé de cercueils, comme un vieux cimetière". En plus, le livre ne rencontre pas l'accueil escompté, tant auprès des critiques que du public.
La guerre de 1870 verra l'occupation de Croisset par les Prussiens. Flaubert s'y est retiré, et termine enfin l'écriture de ce projet qui le suit depuis tant d'années : La Tentation de Saint Antoine. La publication se fera en avril 1874.
En avril 1972, la mère de Flaubert décède, et Caroline (sa nièce) héritant de Croisset lui laisse l'usage de l'appartement qu'il occupe depuis tant d'années. En 1875 pourtant, sa nièce et son mari étant ruinés, Flaubert vend ses biens pour éviter leur faillite, et George Sand, l'amie attentive, lui proposera même de racheter Croisset pour lui laisser cette retraite.
Flaubert écrira dans les années qui suivent plusieurs ouvrages (Un coeur simple - La légende de St Julien l'Hospitalier - Hérodias) et entamera une oeuvre ambitieuse Bouvard et Pécuchet, qui restera inachevée.
C'est le 8 mai 1880, à Croisset, que Flaubert succombera à une hémorragie cérébrale.
Zola, chef de file de l'école naturaliste écrira un an plus tard en parlant de l'oeuvre de Flaubert : "Il y eut toute une révolution littéraire. Le code de l'art nouveau se trouvait écrit".

Flaubert PortraitBibliographie :

Prinicpaux ouvrages :

Madame Bovary (1857)
Salammbô (1862)
L’éducation sentimentale (1869)
La tentation de Saint Antoine (1874)
Trois contes : un cœur simple, la légende de Saint Julien l’Hospitalier,
Hérodias
(1877)
Bouvard et Pécuchet (1881), inachevé



Notes :

La correspondance de Flaubert est tout aussi intéressante à consulter. On y retrouve souvent le Flaubert "naturel" : exalté, coléreux, grossier avec délectation. Et surtout, on suit pas à pas ses créations, son combat contre les phrases, contre lui-même. On comprend mieux ses hésitations, ses fuites parfois, devant les femmes ou les événements. Derrière l'auteur, on entrevoit réellement l'Ermite de Croisset qui lutte contre le moindre laisser-aller.

 

Flaubert (caricature)

Caricature de Gustave Flaubert

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